ACCIDENT ET EMI

C’était en décembre 1991. Ce fut une journée spéciale car c’était le jour, en fait, où nous enterrions ma grand-mère Emily. Ce fut le jour de ses funérailles. Je me suis réveillée ce matin-là et j'ai eu une vision. Je me suis vue moi-même et mon mari être frappés par une voiture. J’ai vu la voiture. J'ai vu la marque de la voiture et sa couleur. Je nous voyais nous faire heurter. J'ai même entendu son cri. La journée a passé, et j’ai oublié cette vision. Dans cette même journée, nous avons été aux funérailles et le soir, nous avons dû aller à une fête parce que c’était un party de Noël. Pourtant, je ne voulais pas aller à cette fête après l'enterrement de ma grand-mère. J’étais épuisée de cette journée. A 22h10, nous avons quittés cet endroit. Nous étions sortis de la maison et avions pris le trottoir.

Nous marchions sur le trottoir et il y avait une très forte tempête de neige. Puis brusquement, nous avons été frappés par une voiture, par derrière. Lorsque nous nous sommes faits frapper, je ‘savais’ que cela arrivait parce que j'ai vu ce qui s'était passé le matin. C’était un accident étrange car il y avait cette fête de Noël et la rue était très occupée, donc il y avait des voitures garées dans tous les endroits possibles. Il y avait cependant une petite ouverture devant une entrée. Cette femme ne devait pas être une conductrice habituée sur la neige à Montréal car elle a perdu le contrôle. Elle a dérapé tout près de cette petite entrée et nous a frappés par derrière. Mon mari a rebondi sur la voiture et son corps a heurté le pare-brise qu’il a fracassé. De mon côté, lorsque je fus frappée par la voiture mon corps a volé trente-cinq pieds plus loin sur cette rue, a rebondi sur une voiture garée et a glissé le long de la Côte-Sainte-Catherine. C’est un grand boulevard à Montréal. Mais par chance, aucune autre voiture ne m’a frappée par la suite.

Ce fut exactement ce qui s’est passé… et, à ce moment, je suis sortie de mon corps. La chose la plus surprenante était que je voyais tout et je voulais leur dire : «Aller au no. 90 " parce que c’était l’adresse de la maison où nous étions avant de quitter la fête. Mais je voyais bien qu’ils ne m’entendaient pas. Je ne pouvais pas comprendre, au premier abord, qu'ils ne m’entendent pas. Puis j’ai vu la jeune femme, puis j'ai vu la Honda Accord et ensuite la couleur bleu marine et j’ai dit: «Oh! Mon Dieu, c’est exactement la couleur." J'ai entendu mon mari dire les mêmes mots que j’avais entendus le matin – et ce fait était d’un très grand réconfort.

Ensuite, c’était si beau. J’ai vu mon corps plus loin... et j’étais sortie de ce corps. Et vraiment, quand vous vivez ça, il y a quelque chose d’incroyable. Cette magnifique lumière, l'amour qui englobe tout, et une Présence enveloppante et vous savez que vous êtes chez vous, à la « maison ». Je sentais que cette magnifique lumière était aussi un être. Je sentais que c’était une présence masculine, qu’il était très grand, au moins 10 à 11 mètres, et il m'a appelée par mon nom et m'a parlé. Je me souviens d’avoir dit : "Tu connais mon nom?" C’était tellement surprenant pour moi. Il a dit : "Andréa, tu as le choix. Tu peux rester avec nous ou tu peux revenir en arrière ". Mes enfants avaient un, trois et cinq ans à cette époque. J’ai dit : «Oh! Mon Dieu, même si tous les os de mon corps sont brisés, je dois y retourner." Ce sont vraiment les mots que j’ai dit. Et il me l’a demandé à nouveau. Il me l’a demandé deux fois. Je lui ai dit: «Oui, je dois revenir en arrière."

Ensuite, j’étais dans un tourbillon, une chose magnifique, et bang, je rentre dans mon corps. Je me suis réveillée et j’ai commencé à crier et à pleurer. Puis, ils nous ont mis sur des brancards, mon mari et moi, avec des choses autour du cou et transportés tous les deux dans la même ambulance. J’ai regardé mon mari et j’ai ‘senti’ que c’était fini entre nous. J’ai dit "C’est ok pour vous mon ami» car c’était un mariage sans amour. Il n’était pas le mari et le père qui convenait. Voilà. Je l’ai décidé tout de suite après être revenue et quand nous sommes arrivés dans cette ambulance, je le savais et j’ai pensé "Ceci est fait». Deux semaines plus tard, je lui ai demandé de quitter.


Intégration

Après cet accident, je n’avais pas un os cassé même si j’avais volé à plus de trente-cinq pieds du lieu de l’accident, c’était un vrai miracle. Mon corps, cependant, était tout noir et bleu comme si j’avais été dans un ring de boxe et il m'a fallu un an pour récupérer. Ma mère est venue presque tous les jours et m’a massée avec de l'huile de ricin régulièrement. Par la suite, j’ai fait beaucoup de hatha-yoga et d’exercices d’élongation pour maintenir et conserver une bonne forme physique et en même temps, une bonne condition mentale, sinon j’aurais fait naufrage.

Ce qui est arrivé à partir de cet événement, a été très progressif – et c'est là que ça devient vraiment incroyable. J’ai senti ma grand-mère avec moi. Je la sentais très près de moi. Puis, elle a commencé à me parler – et c’était clair comme une cloche. Elle est devenue ma tutrice (sponsor). Une fois - une seule fois - je l'ai vue dans la voiture. Je conduisais sur la route et je voyais son visage. Je me suis exclamée : "Grand-mère!" Je ne l'ai vue que cette fois et elle était exactement comme elle était de son vivant.

Ensuite, tant de belles choses se sont produites. J’ai divorcée officiellement de mon mari et j’ai reçu une facture de l'avocat. Je n’avais pas l’argent. Deux jours après, ma mère m’appelle et dit: «Tu sais que nous avons terminé la succession de ta grand-mère et tout est résolu. Il y a juste un montant d'argent à recevoir maintenant ». Et elle a ajouté: «Je ne sais pas pourquoi mais je pense que c’est toi qui dois le recevoir ». C’était exactement le montant que je devais payer pour les services d'avocat. J'ai dit : « Oh! Merci grand-mère ». Et d’autres trucs comme ça sont arrivés par la suite.

Après un certain temps, j’ai eu une petite entreprise alimentaire. Une entreprise que j’ai mise sur pied, inspirée par ma grand-mère et sur ses conseils. Je lui ai donné son nom. J’ai pensé que ce devait être quelque chose de bon qui se passerait pour moi, sinon elle... Je n'aurais pas eu l'avertissement concernant l'accident, selon ce que je comprends. Cela m’a permis de vivre de façon très autonome et d’élever mes enfants. L’année dernière, en 2015, j’ai vendu l’entreprise. Je devais m’orienter vers une autre tâche.

Cette expérience fut le moment le plus extraordinaire de ma vie qui m’a confirmé que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes protégés, aimés, guidés et que nos vies sont importantes.

Andréa Courey, Québec