Le 1er avril 2011 là où ma vie a basculé

Une violente douleur dans la poitrine, puis dans le bras gauche et la mâchoire. Une heure de massage cardiaque, dix électrochocs, 14 jours de coma. Le cœur s’arrête et tout bascule dans l’inconscience, c’est la mort…

Les premières sensations de choses irréelles sont les images d’un grand tunnel sans fin, avec couleurs vives et violentes, plein de tourmente et de bruit, comme si je tombais dans un précipice sans fond. Mon corps me faisait mal avec des nausées, la panique s’emparait de moi de voir ce monde qui me paraissait être l’enfer. Dans un bruit infernal tout s’arrête subitement, et je suis assis au sol. Autour de moi des labyrinthes en forme de grottes, dégoulinants d’humidité, avec des plantes horribles et des personnages hideux (...). Une voix que je ne connais pas me dit : "Ne reste pas ici, tu n’en ressortiras jamais, cette tourmente sera de pire en pire, tu n’as rien fait pour mériter cela".

Puis à nouveau, je ressentis tout ce qui se passait autour de moi, beaucoup d’agitation, et j’étais content d’avoir quitté ce monde irréel. Mais très vite la réalité reprenait le dessus, et encore ces souffrances et ce mal-être de mon corps. Et puis, tout à coup, une grande confiance dans l’équipe médicale s’installa dans mon esprit. Je sentais que quelque chose se passait, je me sentais bien. Tout était paisible, je glissais dans un sommeil profond, plus rien ne pouvait m’arriver. Encore quelques mots de l'extérieur venus du personnel soignant, très lointains, presque inaudibles, puis cette sensation de bien-être.

Dans un élan surnaturel, je me sentis m’envoler à grande vitesse autour de la terre, et la carte du monde défilait au-dessus de mon lit. Je cherchais un endroit où me poser. Certaine image de ma vie apparaissait selon l’endroit où mes yeux se posaient; j’avais l’impression d’être en errance. Quand tout à coup, une lumière très vive surgit, pas blanche, près d'une couleur bleutée indéfinissable, apportant une ambiance sereine, un calme paisible sans souffrance ni torpeur, où l’on ressent que de l’amour et du bonheur. Là, j’aperçus le visage de mon frère, décédé récemment, les yeux regardant vers le ciel. Puis, quelques instants plus tard, il me dit: « Pas toi, redescends ». Surpris par cet ordre, je ne comprenais pas pourquoi je devais redescendre sur la terre.

J’étais si bien, pourtant, et je ressentais que toute ma famille: père, mère, frère, oncle, tante, grand-mère, grand père et bien d’autres étaient là et m’attendaient. Puis, sous mon insistance, un dialogue s'établit avec mon frère; nous étions sous un bel arbre. Il m’expliqua que je n’avais rien à faire ici. Je ne comprenais pas pourquoi; lui avait le droit de vivre ce bonheur, mais pas moi. Il m’expliqua que sur terre ma famille avait encore besoin de moi (...). J’ai vécu un sentiment d’injustice à son égard, lui, qui n’était pas croyant (...). Puis, il ajouta qu’il était bien avec les siens et qu’il avait accompli sur terre ce qu’il avait à faire. Et là, je vis tous les visages de mes proches décédés, dans un flou rapide. Je tendis la main droite vers eux mais aucun ne la saisit. Les larme me coulaient des yeux, tel un torrent, et je suppliai encore et encore qu’un seul m’accepte ou me parle, mais en vain (...).

Je me retrouvais seul. Soudain, une silhouette féminine vêtue de blanc et bleu, sans vraiment de visage, me laissa le choix de rester ou de redescendre, d'une douce voix dans laquelle je ressentais beaucoup d'amour et de sérénité. C’était la seule main tendue que je pouvais prendre. J’étais conscient que le fait de revenir sur terre signifiait pour moi "souffrance" mais je ressentais aussi l’amour de ma famille terrienne et toute la peine qu’elle avait. Mon choix fut de revenir vers elle, vers eux.

Ce choix, je l’ai fait pour eux, car pour moi, il aurait été plus facile de rester là où j’étais. La transition fut brutale. Un mal-être s’emparait de mon corps.. et encore ces images fugaces. Puis, la voix d'une infirmière du nom de Marie, que je percevais parfois pendant mon coma, fut pour moi d’un grand réconfort. Quand elle était près de moi, elle me parlait beaucoup. Je l'entendis et je savais que j’étais revenu sur terre (...).


Intégration

Depuis, un morceau de moi est resté ailleurs, je ne suis plus le même. Dans ma tête, les choses ne sont pas toujours très claires, parfois je me sens étranger à ce monde. (...)

La vie sur terre est ennuyeuse, difficile avec ces moments d’angoisse, mais aussi ces moments heureux que nous nous devons de rendre encore plus heureux, au quotidien. Nous aimer, nous aider, sans haïr, sans se juger les uns les autres, laissant de côté le matériel. Ces biens et argent qui font que les humains se battent entre eux, tels qu'ils sont sur terre, et qui seront sur un même pied d’égalité le moment venu. Mon rêve serait de ne plus rien posséder et de vivre que des choses que la terre nous offre si généreusement, et dont on ne sait pas toujours tirer profil au bon moment. Tout passe, tel un nuage. Il faut profiter de tout ce qui est offert comme d'une pierre précieuse brute, pour lui donner toute sa richesse, en la travaillant chaque jour pour lui donner toute sa valeur. Non pas monétaire mais la valeur de l’esprit qu'on lui accorde, soit le sens vrai et la beauté de la vie.(...)

La rédaction de ce récit m’a pris beaucoup de temps. Par petits morceaux, j’ai reconstitué ces évènements avec mes mots; certaines choses ne peuvent être ni écrites ou dites, tellement c’est indescriptible.(...) Je pense n'avoir vu que le passage qui mène à l’au-delà sans avoir franchi un certain seuil. Un jour, je pourrai voir de l’autre côté. La vie sur terre n’est qu’une étape, elle est la préparation à une autre VIE et il n’existe pas de mot pour décrire ce quelle sera...

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